Aller au contenu principal
Fermer

Espagne-L'octogénaire symbole de la crise du logement est morte
information fournie par Reuters 08/10/2026 à 08:57

Maricarmen Abascal, Espagnole de 87 ans dont l'expulsion de son appartement madrilène le mois dernier a déclenché une vague de protestation contre la cherté de l'immobilier dans le pays, est décédée mercredi, a annoncé le syndicat des locataires de la capitale espagnole.

L'octogénaire était hospitalisée pour anxiété sévère et épuisement depuis son expulsion, le 23 septembre, du logement qu'elle occupait depuis plus de 70 ans, la police et des travailleurs sociaux l'ayant alors évacuée sur une civière.

A la suite de l'expulsion de Maricarmen Abascal, des manifestations ont eu lieu dans toute l'Espagne. Des centaines de jeunes ont installé des tentes sur la place centrale de Madrid et dans d'autres villes, ravivant le souvenir des sit-in anti-austérité déclenchés par la crise financière mondiale de 2008-2012.

À l'annonce du décès de Maricarmen Abascal, des milliers de personnes ont défilé depuis la place de la Puerta del Sol en direction du Parlement, en scandant : "Ce n'est pas un décès. C'est un meurtre !".

La cause du décès de la retraité n'a pas été communiquée.

"C'était un décès tout à fait évitable qui symbolise le drame que représente la crise du logement en Espagne", a déclaré Dario Gomez, un manifestant de 36 ans à Madrid.

Les syndicats espagnols ont lancé mercredi un appel à une grève générale liée aux questions de logement le 11 novembre, soit près de deux semaines avant des élections anticipées pour lesquelles la hausse des loyers et les expulsions sont devenues des thèmes de campagne.

ÉLECTIONS ANTICIPÉES

En début de semaine, le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a annoncé des élections législatives anticipées le 29 novembre, prenant acte du rejet par le Congrès des députés, où sa coalition de gauche est minoritaire, des mesures qu'il proposait pour enrayer la crise du logement.

"Aujourd’hui, après son décès, il ne nous reste que l'exemple du combat qu'elle a mené et l'héritage que Maricarmen nous a laissé. Et, surtout, nous honorerons ce qu'elle nous a toujours demandé : 'Battez-vous, continuez à vous battre pour ce qui vous appartient'", a déclaré le syndicat des locataires dans un communiqué.

Pedro Sanchez a déploré la mort de Maricarmen Abascal dans un message publié sur la plate-forme X. "Je prends dans mes bras tous ceux d'entre nous qui ressentent aujourd'hui cette perte comme la leur", a-t-il écrit.

Le chef du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, a pour sa part dit sur X que la mort de l'octogénaire ne devait pas être politisée.

Il ne devrait y avoir "ni campagne, ni parti politique, ni aucun autre intérêt ici. Face à la mort d’une personne, seul le respect compte", a dit le dirigeant du parti conservateur d'opposition.

Maricarmen Abascal a été expulsée de son logement après le rachat de son appartement par le fonds d'investissement UrbaGestion.

Quelques jours après cette expulsion, l'avocate de l'octogénaire avait dit que ce fonds lui avait fait une proposition sur huit ans, lui permettant de réintégrer son logement et de payer un loyer au même montant qu'auparavant.

Maricarmen Abascal avait prévu de signer cet accord dès qu'elle se sentirait mieux, mais elle n'a jamais eu l'occasion de quitter l’hôpital.

Deux décennies après une bulle immobilière et l'effondrement du marché qui s'en est suivi, l'Espagne est passée d'une surabondance de logements à un déficit majeur, estimé par sa banque centrale à 750.000 logements, un chiffre susceptible d'atteindre le million d'ici 2028.

(Pietro Lombardi, Corina Pons, Aislinn Laing, Andrei Kalip, David Latona, Jesus Aguado et Guillermo Martinez, version française Benoit Van Overstraeten)

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires